Des dents longues faute d'avoir des idées larges
a
par Jacques Dauer
a
aaaaaa Plus des trois-quarts des électeurs ont voté non, blanc ou se sont abstenus. Sur les Français en âge de voter, seulement un Français sur six a voté oui. Mais il n'est pas dans mes intentions de disséquer ces différentes attitudes et d'annoncer que le résultat de ces votes est dû à tel ou tel mouvement. Absolument pas, car ce résultat est beaucoup trop grave et inquiétant pour en rester à cette analyse formelle. Les politiciens ne voudront pas le reconnaître, pourtant cela dénote un ras-le-bol et non un désintérêt général, mis à part les 12 à 17 % d'abstentionnistes résiduels. Mais le plus alarmant, ce que nous redoutions depuis de longs mois et sur quoi nos écrits n'ont cessé d'alerter, c'est le fait que les pouvoirs publics politiques et administratifs sont désormais considérés par une grande majorité de Français comme illégitimes et nous pensons qu'une fois l'euro officiellement mis en place, d'illégitimes, les pouvoirs, tous les pouvoirs, seront considérés comme illégaux. La révolte populaire des modérés sera alors tout près d'éclater. La situation est déjà préinsurrectionnelle, à considérer ce qui se passe en Corse ou la grève des transporteurs routiers, voire la TVA A 5,5 % qui favorisent outrageusement la malbouffe des MacDo et autres fastfood. Souvenons-nous de la fin d'Allende au Chili.
a
aaaaa Comment en est-on arrivé là ? Incontestablement, Jacques Chirac en porte une importante responsabilité. À l'occasion de ce référendum, il a osé dire aux Français - il n'est pas le seul - qu'il leur fallait voter, sinon le peuple ne serait plus consulté. Il nous avait déjà imposé le Traité d'Amsterdam sans que les Français puissent donner leur avis, mais cela ne lui suffisait pas. Tous les thèmes de sa campagne présidentielles ont été foulés aux pieds; la fracture sociale, jetée aux orties; l'indépendance nationale dénaturée au profit d'une mise sous tutelle germano-américaine; l'Europe d'Adenauer et de De Gaulle rejetée pour une construction pseudo-européenne de libre-échangisme à tous crins et d'une mondialisation abrutissante. Le pire, c'est l'abandon par la France de son rôle humaniste en acceptant de revenir vers l'OTAN, résurgence de l'hégémonisme nazi pour le plus grand profit des États-Unis. Jacques Chirac a accepté que des femmes, des enfants, des vieillards meurent en Irak par centaines de milliers pour satisfaire l'impérialisme américain. Nous l'avions connu, à une certaine époque, plus près des intérêts irakiens, à juste titre par certains côtés ! Il a agi de même en Bosnie prenant la relève du lâche Mitterrand. Il a fait pire en participant activement à l'assassinat des Serbes, nos amis et nos alliés depuis près d'un siècle. Est-ce parce qu'il avait à se faire pardonner son amitié antérieure (et intéressée) avec Saddam Hussein qu'il a cherché à se dédouaner avec Milosevic que nous combattons mais pas au dépens du peuple serbe ? La question se pose. Il continue au Kosovo et se mêle de ce qui ne le regarde pas en Autriche pour satisfaire une clientèle qui n'est d'ailleurs pas la sienne : les racistes de gauche, sionistes, trotskistes, laïcistes etc., plus dangereux que leurs pendants de droite et d'extrême-droite qui n'ont d'importance, ces jean-foutre, que par la volonté des socialistes. Il a eu, pour mener cette politique stupide et antinationale, l'appui de Juppé, intelligent peut-être, mais tête bien pleine plutôt que bien faite, ce qui ne manque pas de sel maintenant qu'on l'a fait maire de Bordeaux, la ville de Montaigne ! Plus balourd que lui aux affaires, impossible ! Chirac en est mort politiquement.
a
aaaaaa Il a aujourd'hui l'appui de Jospin qui ne vaut pas mieux et qui ne rêve que de le voir achever de se perdre en se reniant davantage encore, si c'est possible. Au nom de valeurs qui n'existent point au parti socialiste, ce dernier poursuit tranquillement la mission de destruction de la France que ses amis trotskistes lui ont confiée. L'affaire corse est caractéristique : libre de ses manoeuvres, Jospin cède ouvertement au grand banditisme, sans accorder la moindre attention aux demandes exprimées par la majorité des Corses pour un retour à l'ordre républicain et à la paix civile.
aa
aaaaaa Finalement et contrairement à ce que peut penser le bon peuple qui croit encore aux bienfaits de la cohabitation, ce couple infernal n?est soudé que par la pratique d'une même méthode de gouvernement, apprise sur les bancs de l'ENA. L'énarchie dont ils se réclament ne se limite pas aux personnels politiques ou administratifs, mais s'étend au domaine économique, notamment aux grandes entreprises. Elle n'a pas de vision à long terme des intérêts supérieurs du pays, mais elle est devenue, triste déviance, une école du pouvoir pour le pouvoir et pour ce qu'il rapporte. Leur mise en perspective de l'avenir de la France se limite par conséquent aux prochaines échéances électorales. Enfin, pour ne pas continuer trop longuement la litanie, il y a l'affaire corse sur laquelle le premier personnage de l'État énarque se tait depuis plus de deux mois et, s'il parle, c'est pour ne rien dire : un silence assourdissant comme on dit aujourd'hui ! Ils ont, l'un et l'autre, de puissants alliés, notamment au MEDEF dont le président, leur copain de l'ENA, a volé au secours de Jospin en faisant une déclaration contre les transporteurs PME-PMI , en leur intimant l?ordre de cesser une grève pourtant justifiée. La CGPME, dont le président n'a été élu à ce poste que par la volonté du MEDEF, n'a pas été en reste, à la grande joie du stalinien des transports, Gayssot, que l'on n'a pas vu cette fois sur les barrages. Mais l'ancien manager-énarque de La Lyonnaise des Eaux, société spécialisée comme d'autres du même type dans le racket des communes, quiest aujourd'hui conseiller du président de la République est lui aussi certainement intervenu auprès de son copain de l'ENA, le baron Seillière, pour sauver leur condisciple, Jospin. En effet, ils ont eu peur car, pour certains, ils sentaient monter une révolte de type poujadiste, pour d'autres, une résurgence de type OAS. Ces deux raisons peuvent se conjuguer, et ce n'est que partie remise, les responsables politiques n'ayant aucune vision historique de l'avenir.
a
aaaaaa Mais en fait c'est l'ensemble du gouvernement qui pratique cette politique à l'encontre non seulement des intérêts des salariés, mais aussi des entreprises petites et moyennes. N'ayant rien compris aux causes originelles de l'effondrement économique de l'URSS, ils reprennent et développent plus encore la politique marxiste du combinat, au détriment des forces vives que sont les PME-PMI, et cela pour le plus grand profit des multinationales et des grands groupes français. Après un coup de menton très mussolinien, Jospin a tout lâché : aux marins-pêcheurs, transporteurs, ambulanciers, chauffeurs de taxi, et même aux agriculteurs.
a
aaaaaa On ne peut qu'être effaré de constater qu'en ce domaine Martine Aubry, en imposant les 35 heures, a détruit l'infrastructure économique de notre pays. Car les 35 heures ne gênent aucunement les grands groupes qui licencient et délocalisent. De plus, cette femme qui est la suffisance même (c'est contagieux parmi ces dames !) et n'a aucune humanité (c'est une dominatrice : on la voit bien toute bardée de cuir et avec un fouet : quel est le partenaire dominé ? Lionel Jospin !), met en place une politique de la santé qui, en fermant les hôpitaux et les maternités, appellent à la mort pour les plus vieux d'entre nous comme pour ceux qui veulent venir à la vie. Comme si cela ne suffisait pas, elle met en place, à l'encontre des généralistes, des dispositions qui leur enlèvent toute liberté de personnalisation dans la pratique quotidienne des soins dispensés. C'est là encore une médecine administrative imitée de la soviétique mais en beaucoup plus moche. À l'avance, je plains les Lillois, mais il est temps qu'elle quitte le gouvernement, car cette totalitaire, marchande de fausses illusions, qui ne connaît que le centralisme bureaucratique, laisse derrière elle un bilan des plus négatifs et des plus « meurtriers » à son départ du gouvernement. Le chômage a baissé proclame-t-elle ? Mais à quel prix ? L'augmentation du nombre de fonctionnaires ou plutôt des personnels contractuels de moyenne durée et des emplois jeunes qui soit seront incorporés dans la fonction publique, soit augmenteront, dans les trois à quatre ans à venir (mais après les élections présidentielles), le nombre des chômeurs ! Personne ne la regrettera, mais on souhaite bien du plaisir à son successeur pour rétablir le dialogue social, qui ne passe pas nécessairement par tous les abandons, comme semble le penser notre ersatz de Mussolini, j'ai nommé le camarade Jospin ci-devant de la Harpe ! Difficile de faire pire qu'elle en tout cas dans la gestion des conflits sociaux quand elle félicitait les salariés de la Cellatex qui venaient de jeter à la rivière des polluants hautement toxiques, non seulement pour l'environnement (les verts se sont tus, pourquoi ?) mais aussi pour la vie des habitants de la région. Curieuse conception de la discipline et de la solidarité gouvernementales, s'agissant du « soutien » ainsi apporté aux priorités écologiques déclarées par la majorité plurielle.
a
aaaaaa Autre totalitaire, mais plus subtilement à l'oeuvre, le ministre de la Justice en jupons, la dame Guigou (c'est vrai qu'elle soigne ses toilettes ! Ah ! la jolie dame ! dirait Picoli). Elle n'a en réalité qu'une mission : protéger ses copains et notamment Jospin, sans oublier sa parentèle et son propre époux, contre toutes les recherches de malversations, URBA et URBA-GRACHO, MNEF, etc. Il faut dire que les valeurs (!) de la gauche sont vraiment mises à mal avec cette dernière affaire. Voler les étudiants, même les pires de la droite, et il y en a, n'auraient jamais osé ! Elle n'hésite pas pour mieux protéger ses petits copains à intervenir dans le cours des instructions afin de retarder les mises en examen, voire les procès, alors qu?elle agit tout autrement, bien sûr, pour les autres. Dans cette dernière (!) affaire de la MNEF, un problème se pose : le nouveau Grand Maître du Grand Orient de France, Alain Bauer, semble être plus compromis que celui qu?il remplace l?a été dans dans l?affaire corse. Il fut, de 1982 à 1992, administrateur de la MNEF, et à ce titre les emplois fictifs, il devait bien connaître ! La dame Guigou serait plus utile si elle se penchait sur les emplois fictifs dans les syndicats, ceux de l?Éducation nationale ou de la SNCF par exemple.
a
aaaaaa Pauvres magistrats qui, pour survivre, se retrouveront dans la situation de leurs collègues sous l'Occupation et qui, pour nombre d'entre eux, finiront par agir de même !
a
aaaaaa Puisque les Jeux olympiques viennent de se terminer, nous devons rappeler que le CIO a été dirigé depuis l'avant guerre jusqu'aux années soixante par un Américain, contempteur d'Hitler; que, maintenant, c'est un Espagnol, compagnon de route de Franco. Les Jeux n'ont malheureusement plus rien à voir avec le sport, mais avec le fric. Le sport, tout le sport, est contaminé par l'argent. Les fédérations nationales ou internationales n'ont guère plus de morale que Jospin.
a
aaaaaa Puis-je en conclusion faire état d'une conversation avec le Général de Gaulle, lors d'une des audiences qu'il m'accorda, avant qu'il ne revienne aux affaires ? Le sujet était sur les Français et leur attitude en politique Il me déclara en substance que jamais les Français n'ont soutenu et ne soutiendront les extrêmes, que leur sens de la mesure les ferait voter pour l'intérêt - ou ce qu'ils estiment être - de la France. C'est en cela, continua-t-il, que le référendum est un acte éminemment national. Que l'UDF, DL, le PS, les verts, les communistes ne puissent le comprendre, c'est dans la logique de leur culture a-démocratique, mais que ceux qui se disent issus du gaullisme agissent de même, c'est confondant. C'est pourquoi nous les combattons.
a
Octobre 2000