LA UNE - Juin 2002
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par Jacques Dauer
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aaaaa Bush est venu adouber le gouverneur Chirac après sa réélection à ce poste le 5 mai. Ce dernier a été encore plus flagorneur que d'habitude à l'égard de son maître qui lui a fait « l'honneur » de l'appeler par son prénom, familiarité que l'usage réservait autrefois en France pour les domestiques. Nous avons eu droit à la tirade sur ce que la France doit aux États-Unis, sur notre appui sans faille à la lutte contre le terrorisme et autres courbettes. Soyons clairs, nous ne devons rien à ce pays qui, lui, nous doit tout, à commencer par son existence. Bien évidemment, nous avons de la compassion pour nos camarades américains tués, blessés, handicapés à vie durant ces combats contre le nazisme et nous ne les oublierons jamais.
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aaaaaa Mais nous ne pouvons oublier non plus l'attitude des gouvernements américains, depuis deux siècles et demi, à l'égard de la France. En particulier, la volonté de Roosevelt de tout mettre en oeuvre pour détruire moralement, politiquement notre pays. Depuis soixante ans, chaque année, on a eu les preuves de cette hargne. Aujourd'hui, après l'appel de Juppé aux troupes américaines pour la Bosnie, la déclaration de guerre (illégale) de Chirac à la Serbie, le gouverneur de la France s'est engagé dans la lutte contre le terrorisme (sic). Mais cette lutte contre « le « terrorisme », dont les États-Unis sont un des protagonistes des plus efficaces - quelques exemples : le Chili, Panama, l'Algérie (soutien du GIA, puis du FIS) le Kosovo, l'Irak (les chiites et les Kurdes) la Tchetchénie, les talibans, etc. -, ce n'est pas une lutte contre le terrorisme, mais un combat d'une part pour l'hégémonie mondiale, d'autre part pour le pétrole. À ce titre, nous n'avions rien à faire en Afghanistan. En revanche, au lieu de refuser de discuter directement sur le fond et sur la forme avec la Russie, on laisse libre cours aux prétentions allemandes. Au moment où disparaît Michel Jobert, le dernier grand ministre des Affaires étrangères, on voit la différence de qualité, de volonté et d'efficacité de nos pseudo élites politiques. Quel ministre aujourd'hui oserait interpeller ses collègues européens d'un « Bonjour les traites ».
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aaaaaa De toutes ces manigances américaines, nous subissons les conséquences, notamment les mafias du trafic d'armes et de la prostitution en provenance du Kosovo, grâce à l'UCK armée et payée par le Pentagone et la CIA. Ce trafic alimente en France le banditisme de toutes origines et bien des attaques à main armée ont comme auteurs des Albanais. En Bosnie sont toujours entraînés, toujours grâce au fric yankee, les terroristes qui sévissent tant en Afghanistan qu'en Algérie en attendant de faire éclater leurs bombes en Europe. Nos gouvernants se taisent. Ainsi en est-il vraisemblablement pour la « catastrophe » de Toulouse. Le procureur de cette ville s'est trop empressé - sur quels ordres ? - pour affirmer, avant toute enquête, qu'il s'agissait d'un accident, pour qu'il ne subsiste pas un doute, légitime, sur la possibilité d'un attentat, surtout au vu des conséquences énormes pour l'industrie spatiale française et européenne. Celle-ci en effet, du fait de la fermeture de l'usine voisine de la SNPE, se trouve privée pour au moins quatre ans d'un carburant indispensable à Ariane et à nos missiles que seuls désormais les E.-U. peuvent fournir, s'ils le veulent bien et à prix fort, c'est-à-dire en cassant la compétitivité du lanceur européen. CQFD.
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aaaaaa Pour les besoins de la cause, Total a été accusé de toutes les négligences, mais il se dit que les assureurs ont reçu des assurances de compensation de la part de Bercy. On aimerait un démenti, surtout quand on voit le peu d'empressement mis par eux aussi bien que par la puissance publique à dédommager les petites gens et les entreprises PME-PMI sinistrées. Afin de leur permettre de retrouver des conditions de vie normales, M. Raffarin vient d'évoquer la nécessité d'un appel à la solidarité nationale. Est-ce à dire que le contribuable sera sollicité, une fois de plus, pour réparer la carence gouvernementale ?
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aaaaaa L'ensemble des médias concourent à la fin de la démocratie en France. Particulièrement la télévision qui n'a aucune moralité et pour seul souci l'argent. Alors, passer dix minutes aux grandes heures d'écoute à propos du viol d'une femme est pour elle une aubaine. Ce qui compte pour la télévision, publique ou privée, c'est l'audience; alors les émissions les plus ignobles sont considérées les meilleures. Les journaux télévisées sont de même nature, ils n'existent plus pour informer mais pour les sponsors d'une part et d'autre part pour formater l'esprit de nos concitoyens
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aaaaaa On nous abreuve d'articles, de documentaires sur l'insécurité, notamment en provenance de la jeunesse. Les salauds, ils sont capables en même temps de faire du jeunisme et d'attaquer d'un même élan les jeunes (on n'emploie pas le terme de voyous, ce ne serait pas convenable) qui violent, tuent, volent, pillent. Oublie-t-on que c'est le résultat du laxisme engendré par Giscard, poursuivi par Mitterrand, amplifié par Chirac avec l'aide de Juppé, puis de Jospin ? Oublie-t-on que les parents des jeunes d'aujourd'hui ont eu ce manque d'éducation, de formation morale ? Nous en subissons les conséquences. À cela s'ajoute la dictature des syndicats d'enseignants qui a permis à cette engeance non seulement d'exister (elle est de tous les temps), mais de proliférer et de cacher les problèmes plus graves comme la morale d'un peuple, l'avenir de ceux qui travaillent. À cela s'ajoute, la vénalité du sport où les dirigeants poussés par les sociétés qui parrainent les différents sports poussent à la tricherie, à la drogue, au dopage. Les sportifs de tout niveau subissent et entraînent ainsi la jeunesse vers l'immoralité et la violence.
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aaaaaa Sur la morale, la classe politico-techocratique est veule, corrompue, immorale. Il faudra s'en débarrasser, mais les partis vont tout mettre en oeuvre pour résister, changer la Constitution, le mode de scrutin sous le prétexte qu'il y a trop de candidats ! Mais si la presse ouvrait largement ses colonnes, comme elle le faisait il y a vingt-cinq, trente ans, à toutes les tendances, toutes les opinions, nos concitoyens n'auraient nul besoin d'une campagne électorale. Essayer d'écrire un article pour Le Figaro, Le Monde ou Libération, même si cela entre dans leurs convictions politiques, il ne passera jamais. : vous ne faites pas partie de « l'élite » au pouvoir. Le nombre des candidats aux présidentielles et aux législatives devient une preuve de la vitalité démocratique de notre peuple. Le plus triste, le plus révoltant, c'est que l'ensemble des médias, notamment télévisés, en complicité avec l'administration, la technocratie politique et industrielle, oeuvre contre la culture et la langue françaises.
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aaaaaa Mais les politico-technocrates n'ont rien compris quoi qu'ils disent. C'est regrettable. En revanche, tous les postes de l'État sont pour eux. Élus puis battus, ils retrouvent une place dans la haute administration ou à la tête des multinationales. Certains n'ont pas hésité pendant des années à voler le citoyen lambda (le mot est aimable) comme ces énarques qui ont dirigé les différentes compagnies des eaux, volant d'une part les contribuables, corrompant d'autre part les élus locaux. On nous la baye bel sur les organisations humanitaires. Ce sont des organisations sectaires qui ne sont pas au service de l'homme mais du fric qu'elles pompent ou d'un État pour lequel elles agissent en sous-main. Ainsi en est-il du refus de ces organisations de se rendre en Serbie pour aider les populations durement touchées par les bombardements franco-germano-américains, car pour eux les Serbes ne méritent pas de vivre.
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aaaaaaSur le plan social, on veut nous imposer le capitalisme initié et régi par les États-Unis au mépris de l'homme. Le libéralisme sauvage qui privilégie la force contre l'intelligence, la mort contre la vie. La France, elle, de tout temps, a voulu privilégier la Justice et la Solidarité. Même si cela n'a pas été toujours évident, c'est un fait avéré, mais la lutte des classes, une idéologie du XXe siècle, a laissé planer l'arrivée d'un monde totalitaire. Quelle différence y a-t-il entre le matérialiste athée de l'ex-URSS et le matérialiste déiste des États-Unis ? Aucune. Certes l'équité, l'égalité n'est pas de ce monde, mais l'humanisme - qui est le contraire de l'humanitaire totalitaire - nous commande d'essayer de s'en approcher le plus possible. La mondialisation, c'est le culte de l'argent, l'homme-esclave. La seule arme efficace pour combattre cette dégénerescence de la pensée occidentale, c'est la Participation qui empêchera les managers d'abuser des licenciements collectifs pour leur seul profit. La tradition française, donc le gaullisme - la participation des citoyens à tous les niveaux -, c'est servir l'homme et non s'en servir. Car « ce ne sont pas seulement les machines et les crédits qui font le progrès, c'est avant tout la valeur des hommes » disait le Général de Gaulle.
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aaaaaaNos chers élus, tout à leurs affaires, se foutent de la France comme de leur première chemise. Ils se réfugient, pour justifier leur incompétence, derrière le droit « supérieur » édicté par les gangsters de la Commission de Bruxelles et les totalitaires de la Cour de Luxembourg : incompétence « commode » à tous les sens du mot, et en particulier au sens juridique, en bonne application du Traité de Maëstricht - sur lequel on ne peut, disent-ils, revenir ! Ah ! les braves gens ! - Mais l'ont-ils seulement lu ce traité qu'ils ont ratifié et qui leur enlève toute initiative et compétence législatives ? On peut se le demander, car, aussi bêtes puissent-ils être, on imagine mal qu'ils aient eux-mêmes consciemment scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Mais alors, qu'espèrent-ils ? Le trente deniers de Judas ? Le Parlement français, c'est le loft de la politique, aussi ignoble que l'autre, c'est le panem et circenses des Romains, c'est la servitude par la destruction de la culture et de l'âme.
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aaaaaa« La culture d'un peuple, c'est le sang de son être », nous apprend Herder. C'est la raison de notre combat.