Assemblée Nationale - 23 avril 2001

Intervention de Jacques Dauer
Président de l'Académie du Gaullisme devant
L'ASSOCIATION POUR LA DÉFENSE DES DROITS
DE LA CORSE DANS LA RÉPUBLIQUE

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aaaaaa Tout à fait normalement, il m'a été demandé de ne pas être trop long dans mon intervention. Cela a une double conséquence, la première est de bon aloi : les idées sont développées courtement; la seconde comporte une difficulté : l'exposé est brutal et risque de choquer par son manque de diplomatie.
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aaaaa Mais qu'ai-je à voir avec la Corse ? À cette question qui frise l'inconvenance, je répondrai deux choses, l'une qui me touche de très près : j'ai appartenu au Bataillon de Choc dont des éléments, débarqués du Casabianca du commandant Lherminier, apportèrent leur soutien aux patriotes corses en septembre 1943. Affecté à une compagnie créée ensuite pour intégrer nos compatriotes corses, j'y fus accueilli avec chaleur et amitié, mes camarades me disant avec humour : la seule différence entre nous réside dans le fait que nous disons ceux du continent et toi, Alsacien, les Français de l'intérieur. L'autre, conséquence de ce que je viens d'énoncer, s'ils sont Corses, si je suis Alsacien, nous sommes tous des Français, et peut-être, parmi ceux-ci, les personnes qui ont le plus de sens du patriotisme. Il est très présent dans nos moeurs, dans nos attitudes, dans nos décisions.
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aaaaaa Or, ce qui se passe aujourd?hui en Corse, c'est la volonté affirmée de la classe politique française du démantèlement de la France. Nous le constatons au Pays basque, en Bretagne, sans oublier la Savoie de l'ineffable Barnier, mais plus nettement en Corse avec l'appui non seulement de la Commission de Bruxelles mais aussi celui de l'Allemagne, de l'Italie, voire des États-Unis et de la CIA, plus insidieusement en Alsace où les Allemands s'installent en y élisant domicile et en rachetant de nombreuses PME-PMI.
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aaaaaa La trahison - le mot est en situation - des clercs, qu?ils soient de droite ou de gauche, est patente. De quel droit donne-t-on le pouvoir à des énergumènes, parfois issus de familles italiennes fascistes, contre le sentiment de la majorité qui n'a pas à prouver son patriotisme ? De quel droit veut-on donner à une assemblée de clans des pouvoirs constitutionnels, en contradiction avec la Constitution de la République ? Pourquoi laisse-t-on des gens, qui ne sont en définitive que des bandits, des mafieux, mettre en coupe réglée une partie du territoire de la République ? Pourquoi, la Justice, la Police en ses deux composantes, gendarmerie et police nationale, ont-elles, objectivement comme on dit, partie liée avec les gangsters, voire avec des assassins ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi !
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aaaaaa Je suis de ceux qui pensent que les dérives successives de tous les gouvernements de droite et de gauche dans les matières, nationales, économiques, sociales, etc. nous mènent à une révolte populaire. Mais les membres de notre société politique énarchique possède pour la plupart un encéphalogramme plat. Les deux premiers d'entre eux, Chirac et Jospin, qui ont une méconnaissance abyssale de l'Histoire devrait se souvenir des grands philosophes et théologiens du Constitution du 14 juillet 1793 : « Quand le gouvernement viole les lois du peuple, l'insurrection est pour le peuple... le plus sacré et le plus indispensable des droits. » Je ne repousse pas cette idée, mais je préférerais une autre solution. En un premier temps, il faut exprimer notre refus ferme et définitif de toutes ces manigances; il faut une rupture totale avec la classe politique au pouvoir.
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aaaaaa Cette classe de soixante-huitards attardés qui méprisent le peuple n'a aucun sentiment d'humanité envers les hommes. Qu'ils soient de gauche comme de droite, ils n'ont d'estime que pour le profit et non pour ceux qui travaillent. Ils combattent la souveraineté du peuple au bénéfice de la dictature des multinationales et de la mondialisation. Là encore, sur les plans politiques, économiques et sociaux, il nous faut rappeler la grande idée du Général de Gaulle qui reste le moteur de notre philosophie : la Participation.
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aaaaaa Sur le plan électoral, nous aurons l'occasion de nous exprimer dans quelques mois. Là encore s'ouvrent deux voies : soit un homme se dresse et devient le champion de la rupture, ce qui a comme conséquence qu'aucun désistement au deuxième tour ne se fera; soit, ce qui est malheureusement plus vraisemblable, cet homme n'existe pas. Alors nous n'avons plus qu'un moyen d'action, le refus de voter pour l'un quelconque des imposteurs qui se présentent. Que pourrait prétendre faire un Président de la République élu par quelques pour cent des suffrages devant 75 à 80 % d'électeurs ayant voté blanc ou s'étant abstenus ?
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aaaaaa De Gaulle m'a dit un jour : « Ce qui fait un grand homme - et nous formons collectivement un grand homme -, c'est la rencontre d'une volonté et d'un événement ». La volonté nous l'avons, alors n'hésitons pas à créer l'événement. N'hésitons pas. Il y a trop de convergences d'intérêts aujourd'hui, dans le monde entier, entre politiques ou se disant tels, médias et crime organisé, pour que les peuples s'y résignent plus longtemps. Il n'y a pas de fatalité. Il faut casser cette machination infernale qui s'organise à Davos et ailleurs, et qui dresse les uns contre les autres les Corses aujourd'hui, les Français demain. Alors encore une fois, n'hésitons pas. Il y va de l'avenir de la Nation, de la République, de la France.